Production, diffusion
& administration
pour le spectacle vivant

JONATHAN CAPDEVIELLE / Poppydog

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SAGA

CRÉATION 2015

 

Conception et mise en scène Jonathan Capdevielle
Texte Jonathan Capdevielle avec la participation de Sylvie Capdevielle & Jonathan Drillet
Interprétation Jonathan Capdevielle, Marika Dreistadt, Jonathan Drillet & Franck Saurel

Conseiller artistique - Assistant à la mise en scène Jonathan Drillet
Conception et réalisation scénographique Nadia Lauro
Assistant à la scénographie Romain Guillet
Lumières Patrick Riou
Régie générale et plateau, bruitages live Jérôme Masson
Régie son Vanessa Court
Réalisation costume animal Daniel Cendron
Réalisation costume traditionnel Cécilia Delestre
Images Sophie Laly, Jonathan Capdevielle
Enfant Kyliann Capdevielle
Regard extérieur Gisèle Vienne et Virginie Hammel
Production Bureau Cassiopée – Léonor Baudouin et Manon Crochemore
Diffusion, administration Fabrik Cassiopée - Isabelle Morel et Manon Crochemore
Remerciements à Anne-Cécile Sibué-Birkeland, Alexandra Murillo, Laetitia Laplace, Maxime Laplace, Cynthia Laplace, Mercedes Tormo, Stéphanie Michaud, Didier Capdevielle, Alexandre Reyes, Florian Hémadou, Guillaume Hémadou, Eliane Roudaut et l’équipe du Quartz, scène nationale de Brest.

Production déléguée Association Poppydog
La pièce Saga a été portée en production déléguée par le Bureau Cassiopée de février 2015 à mars 2016.
Coproduction Le Parvis scène nationale Tarbes Pyrénées (FR) / Pôle sud, CDC en préfiguration-Strasbourg (FR) / Les Salins, scène nationale de Martigues (FR) / Scène nationale d’Orléans (FR) / CCN de Montpellier Languedoc-Roussillon dans le cadre de ]domaines[ et du projet Life Long Burning soutenu par le programme Culture de l'Union Européenne (FR) / L’Arsenic-Lausanne (CH) / Les Spectacles Vivants - Centre Pompidou-Paris (FR) / Maison de la Culture d’Amiens-centre de création et de production (FR) / Latitudes contemporaines-Lille (FR) / BIT Teatergarasjen- Bergen (NO) / Théâtre Ouvert-Paris avec le soutien de la Région Ile-de-France (FR) / La Ménagerie de Verre-Paris (FR) / Théâtre Garonne, scène européenne Toulouse (FR) / Arcadi (FR) / Bureau Cassiopée (FR)
Avec l’aide du Quartz, scène nationale de Brest (FR) et du Centre National de la Danse-Pantin (FR)
Avec le soutien de la DRAC Ile-de-France au titre de l’aide au projet.
Pour ce projet, Jonathan Capdevielle est artiste soutenu par APAP -Advanced Performing Arts Project- qui reçoit le soutien de la commission européenne

 

 

La pièce Saga met en scène une partie des épisodes d’un roman familial vécu dans les années 90. Ma sœur, mon beau-frère et le groupe d'enfants et d’adolescents que nous étions, vivions dans une aire de jeux où se côtoyaient les brigands, Bonnie & Clyde, des reconstitutions de films d’horreur, les week-ends à la plage, des répétitions du Lac des cygnes, des séances de spiritisme, mes premiers pas au théâtre, avec comme toile de fond les Hautes Pyrénées, son histoire et ses légendaires icônes. 

J’ai travaillé à partir des souvenirs de cette période, en revisitant les lieux, en convoquant les personnages et les situations qui composent les épisodes de cette trépidante vie passée. J’ai développé mon propre récit et celui de ma sœur, deux narrations, deux témoignages sur une même histoire. Ce passé raconté au présent est proche du docu-fiction, il s’entremêle au passé revisité et rend compte du caractère tout à la fois euphorique, ludique, mélancolique et sombre de ces épisodes de vie théâtralisée.

J’ai construit une narration qui fonctionne comme la mémoire. Elle opère par tris, sauts dans le temps, décalages entre le corps présent et le langage, sensations brouillées ou ellipses. Chaque matériau, archives, vidéos, scénographie, lumière, corps, jeu d’acteur doit trouver sa place pour entrer dans la symphonie du souvenir. Il y a comme deux formes de partitions qui nourrissent le récit, celle de la parole qui est presque continue, dans le style d’une pièce radiophonique ; et celle du mouvement des corps qui s’étire, se décale et par moment se fige. 

Dans cette masse mémorielle, la frontière entre la réalité et la fiction est ténue. 

Une dissociation s’exerce entre le corps et la voix, entre l’action et la parole afin d’être au plus près du regard porté par l’enfant sur ces évènements intemporels parfois déformés, exagérés, absurdes, et qui sont le miroir de notre identité.

Jonathan Capdevielle

 

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À NOUS DEUX MAINTENANT

CRÉATION LE 6 NOVEMBRE 2017 AU QUAI - CDN ANGERS PAYS DE LA LOIRE

 

D’après le roman Un Crime de Georges Bernanos

Conception, adaptation et mise en scène Jonathan Capdevielle
Interprétation Clémentine Baert, Jonathan Capdevielle, Dimitri Dore, Jonathan Drillet, Arthur B. Gillette (en alternance avec Jennifer Eliz Hutt), Michèle Gurtner
Conseiller artistique - Assistant à la mise en scène Jonathan Drillet
Conception et réalisation scénographique Nadia Lauro
Construction scénographique Les Ateliers de Nanterre-Amandiers - Marie Maresca, Michel Arnould, Gabriel Baca, Théodore Bailly, Mickaël Leblond
Création Lumières Patrick Riou assisté de David Goualou
Création sonore et musicale Vanessa Court, Arthur B. Gillette, Jennifer Eliz Hutt, Manuel Poletti
Composition musicale Arthur B. Gillette
Régie son Vanessa Court
Collaboration informatique musicale IRCAM Manuel Poletti 
Synthétiseur Modulaire Ray imaginé et construit par Benoit Guivarc'h avec les circuits de Ray Wilson
Costumes Colombe Lauriot Prévost
Régie générale Jérôme Masson
Regard extérieur Virginie Hammel
Production, diffusion, administration Fabrik Cassiopée – Manon Crochemore, Manon Joly et Isabelle Morel
Remerciements Safia Benhaim, Marie Etchegoyen, Lundja Gillette, Laurence Viallet

Production déléguée Association Poppydog
Coproduction Le Quai Centre Dramatique National Angers Pays de la Loire / Nanterre – Amandiers, CDN (FR) / Festival d’Automne à Paris (FR) / CDN Orléans (FR) / manège, scène nationale-reims (FR) / Théâtre Garonne, scène européenne Toulouse (FR) / Arsenic - Centre d'art scénique contemporain, Lausanne (CH) / Le Parvis scène nationale Tarbes Pyrénées (FR) / Ircam – Paris (FR)
Avec le soutien de King’s Fountain
Avec l’aide du CND – Pantin, de la Villette – Résidence d’artistes 2016, du Quartz, scène nationale de Brest et de Montévidéo, Créations Contemporaines - Atelier de Fabrique Artistique.

 

Crédit photo Pierre Grosbois

 

 

 

 

En 2008, j’ai participé en tant qu’interprète à une fiction radiophonique de France Culture, réalisée par Jean Couturier. Il s’agissait d’une adaptation du roman policier « Un Crime », de Georges Bernanos. J’interprétais alors le rôle du curé de Mégère. A l'époque, j'avais été très frappé par cette œuvre singulière qui traite avec humour noir et émotion la question de l’identité et de la condition humaine.

Je suis natif des Pyrénées, près de Lourdes. J’ai passé mon enfance et mon adolescence dans un village de province. Je me suis frotté dès le plus jeune âge à ces personnages parfois emblématiques de la campagne, à leur franc-parler, à leurs traditions. Enfant, je garde le souvenir d’avoir été fasciné par la figure impénétrable du prêtre, que j’observais à l’occasion des mariages et des enterrements ou lorsqu’ils déambulaient en nombre dans les rues de Lourdes durant les pèlerinages du mois d’août. J’ai encore en moi ces atmosphères, ces images ; ce rapport tendre et difficile à l’arrière pays résonne dans mon travail qui s’articule autour de l’auto-fiction.

Georges Bernanos décortique avec minutie le caractère particulier de ces territoires isolés et la personnalité de ces villageois. C’est un personnage atypique qui est au centre de l’intrigue, une femme à la mission mortifère qui se cache sous l’habit de dieu et qui agit aux antipodes des principes et des valeurs que prône la religion catholique. L’auteur diffuse sa pensée par la voix du narrateur et celle des différents personnages qui gravitent autour du curé. Quitte à le perdre, il laisse le lecteur libre de mener l’enquête aussi complexe et impossible soit-elle.
Le curé de Mégère, interprété par cette femme, exerce un étrange pouvoir de séduction et de persuasion provoquant ainsi une sorte de chaos dans une organisation aux apparences solides. Les histoires personnelles et les failles de chacun des protagonistes sont révélées et leurs sentiments exacerbés. Je pense par exemple à ce jeune orphelin qui se prend d’affection pour la figure ambigüe de l’adulte travesti et entretient avec lui une relation tendre et cruelle, une confiance presque maternelle qui le pousse à agir dangereusement.  

En manipulant la symbolique religieuse et ses icônes, Georges Bernanos invente une enquête policière originale qui manie l’étrangeté, le fantasme et l’effroi tout en préservant un cadre complexe dans lequel les sentiments humains restent ancrés dans le réel.
Je souhaite mettre en scène le jeu de rôle de cette jeune femme travestie à la personnalité trouble et attachante. Une Héroïne tragique qui tire les fils d’un scénario empirique et qui provoque chez les autres la confusion des sentiments. Je souhaite que les acteurs naviguent dans ce labyrinthe « Bernanosien » en travaillant sur la multiplication des rôles joués et les différentes qualités d’interprétation du texte, qui oscillerai entre réalisme et exaltation. J’aime que les personnages soient par moment traversés par des chocs émotionnels intenses et que la frontière entre la réalité, le rêve ou le cauchemar devienne ténue. Je travaillerai également sur le corps et le mouvement des interprètes au plateau. Georges Bernanos décrit très bien cette énergie physique qui caractérise chacun des personnages du roman. 

Bien qu’écrit en 1935, ce roman qui flirte avec le fantastique, déploie des thématiques et des tabous intemporels, qui aujourd’hui encore peuvent poser des questionnements profonds dans le cadre du spectacle vivant. A mon sens, « Un crime » porte un discours à la fois intime et universel et interroge la religion de manière originale. L’ambivalence et l’homosexualité sous-entendues créent le trouble, et l’habit ici ne fait pas le moine. L’auteur nous invite à emprunter des chemins de réflexions de plus en plus troublants, à sortir des sentiers battus de la morale chrétienne. En interrogeant le fonctionnement des différents pouvoirs, le roman met en exergue les préjugés coriaces d’une société contemporaine qui veut tendre vers une certaine normalité. 

Il me paraît important de restituer les différents lieux où se déroule l'action, les espaces du dedans et du dehors. Ils agissent sur l'intensité des scènes qui se jouent dans le sens ou ils conditionnent le comportement, l’état physique et mental des personnages. La chambre est souvent le lieu de l'intime, de la confession, de la réflexion, du rêve, du cauchemar, de la maladie et de la mort.

Les lieux extérieurs, comme la campagne, représentent une sorte d'échappée sauvage, dont le climat qui oscille entre mauvais temps, orages et éclaircies, accentue la couleur sombre et romantique des situations et des drames qui se jouent. A la différence du huis clos, la nature a cette capacité à favoriser l’introspection. Afin de révéler les scènes extérieures, je veux créer un mouvement entre celles jouées au plateau et leur continuité hors champs.

Pour mettre en scène ces différents espaces, une scénographie sera créée par la plasticienne Nadia Lauro. Par ailleurs, un travail conséquent sur le son et la lumière sera mis en œuvre afin que le public puisse visualiser le dedans ou s’imaginer le dehors et par un effet de zoom, être le témoin privilégié de l’intimité des personnages.


Jonathan Capdevielle

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RÉMI

CRÉATION LE 5 NOVEMBRE 2019 AU QUAI CDN ANGERS PAYS DE LA LOIRE

 

D'après le roman Sans famille d’Hector Malot
Un projet en 2 épisodes :
Partie 1 > Spectacle (environ 1h15)
Partie 2 > Fiction audio (55 minutes)
La fiction audio, accompagnée d’un poster illustré, sera distribuée à chaque spectateur à l’issue de la représentation. Le deuxième épisode pourra donc s’écouter de différentes manières : à la maison, à l’école, ou dans des salles d’écoutes mises en place par les théâtres. 

 

EPISODE 1
Conception et mise en scène Jonathan Capdevielle
Adaptation Jonathan Capdevielle, en collaboration avec Jonathan Drillet
Interprétation Dimitri Doré, Jonathan Drillet, Michèle Gurtner, Babacar M’Baye Fall
Assistante à la mise en scène (création) Colyne Morange
Assistant à la mise en scène (tournée) Guillaume Marie
Conception et réalisation des masques
Etienne Bideau Rey
Costumes Colombe Lauriot Prévost
Assistante Costumes Lucie Charrier
Coiffe Vitalis Mélanie Gerbeaux
Lumières Yves Godin
Composition musicale Arthur Bartlett Gillette
Création son Vanessa Court
Régie générale Jérôme Masson
Production, diffusion, administration Fabrik Cassiopée – Manon Crochemore, Manon Joly et Isabelle Morel

Production déléguée Association Poppydog
Coproduction Le Quai, Centre Dramatique National – Angers Pays de la Loire / Nanterre-Amandiers, centre dramatique national (FR) / Festival d’Automne à Paris (FR) / La Ménagerie de Verre - Paris (FR) / Théâtre Garonne, scène européenne Toulouse (FR) / Théâtre Saint Gervais – Genève (CH) / CDN Orléans / Centre-Val de Loire (FR) / L’Arsenic – Lausanne (CH) / Tandem – Scène nationale de Douai (FR) / TNG – Centre dramatique national de Lyon (FR) / Le Parvis, scène nationale de Tarbes (FR) / La Rose des vents, scène nationale Lille Métropole Villeneuve d’Asq (FR) / Le Maillon – Théâtre de Strasbourg – Scène européenne (FR)
Avec l’aide de la Région Ile-de-France, au titre de l’aide à la création
Avec le soutien du CN D, centre national de la Danse – Pantin (FR)

 

EPISODE 2
Direction artistique Jonathan Capdevielle
Adaptation Alexandre Lenot
En collaboration avec Laure Egoroff et Jonathan Capdevielle
Musique originale Arthur Bartlett Gillette
Réalisation sonore Laure Egoroff
Chef opérateur du son & Montage son Mathieu Farnarier
Mixage Djai
Bruitage Elodie Fiat
Mastering Pierre Luzy – Music Unit
Interprétation Jonathan Capdevielle, Dimitri Doré, Jonathan Drillet, Arthur B. Gillette, Michèle Gurtner, Anne Steffens
Illustrateur du poster Etienne Bideau Rey
Direction de production Fabrik Cassiopée – Manon Crochemore, Manon Joly et Isabelle Morel
En collaboration avec Air Rytmo – Maé Zamora
Studios d’enregistrement Music Unit (Montreuil), Creative Sound (Paris) et La Puce à l’oreille (Montreuil)

Coproduction Air Rytmo & Association Poppydog
Avec le soutien de la SPPF et du FCM 

 

 

Dans mes créations, l’enfant tient une place importante. Adishatz/Adieu, Saga et A nous deux maintenant font toutes, directement ou indirectement, référence à l’enfance. Les souvenirs d’enfance sont souvent moteurs dans mon processus d’écriture de dialogues ou de récits. Notamment dans Saga, pièce construite à partir de matériaux issus de la mémoire et qui met en scène les souvenirs personnels.

Cette figure de l’enfant aux multiples statuts - d’observateur, de témoin, d’acteur ou de fil conducteur de la fiction - révèle sous différentes formes la complexité du monde des adultes. En effet, mes pièces abordent des réflexions sur des sujets communs, comme par exemple l’identité, la sexualité, le rapport à la famille, aux racines et de manière générale ce qui constitue l’individu, d’où il vient et ce qu’il devient. L’enfant observe le monde des adultes et le considère comme une première référence, un exemple à suivre. 

Ce sont ces notions d’apprentissage et de construction de soi qui me motivent à engager un travail destiné cette fois-ci au jeune public. Je désire mettre l’enfant au cœur d’une proposition dans laquelle je travaillerai à créer de l’empathie pour un jeune héros qui fait face aux épreuves parfois rudes que lui impose la vie, et qui sort grandi de ses expériences, qu’elles soient positives ou négatives. Ce personnage, secoué par de multiples émotions, est confronté à des situations parfois extrêmes, mais jamais il ne baisse les bras ; au contraire, il fait de son malheur une force et malgré son jeune âge apprend vite à se débrouiller et à s’en sortir. 

En 1990, j’ai découvert à la télévision l’adaptation manga Rémi sans famille dont j’ignorais l’auteur et qui me fascinait. Suivre chaque soir de la semaine les aventures de ce jeune garçon m’excitait au plus haut point. J’ai donc acheté le roman d’Hector Malot.

L’œuvre aborde le thème de l’enfance et de la quête d’identité à travers une initiation qui se traduit par un voyage aux multiples rencontres. Un voyage qui révèle l’attachement à l’acte artistique, présenté comme un gagne-pain, un moyen de survie à la fatalité qui pèse sur le personnage de Rémi. Au début du roman, cet enfant héros repoussé par son père adoptif est confié, moyennant de l’argent, à un bonimenteur et sa troupe (des chiens et un singe), qui vont l’éduquer et l’initier à l’art du spectacle. Il parcourt ainsi la France de ville en ville avec cette singulière deuxième famille, dans l’espoir de se construire un autre avenir. L’enfant est ici, à l’inverse de Pinocchio, dans un rapport presque direct, réel, et authentique au monde, aux épreuves que lui inflige cette nouvelle vie de saltimbanque. La vie qui est ici clairement un terrain d’apprentissage et de réflexion pour le jeune enfant et dont l’objectif, est de continuer d’avancer bon gré mal gré en travaillant à devenir, non sans difficulté, indépendant. 

Le roman, écrit à la première personne, endosse le statut d’un récit en apparence autobiographique, puisqu’on découvre que son auteur n’est nul autre que Rémi. Un Rémi devenu adulte qui nous fait part de cette histoire de vie singulière, celle d’un enfant adopté, vagabond, en quête de vérités.

Je souhaite créer deux épisodes, adaptés du roman, qui mettront en scène les différentes étapes de ce voyage initiatique. La matière du roman est conséquente, et je veux garder une certaine cohérence quant à l’histoire du personnage de Rémi et à sa manière d’évoluer, de se transformer. Cela nécessite de l’adapter en privilégiant les parties de dialogues mais aussi la narration, qui aide à développer dans le détail les descriptions ou les états d’âme des personnages du récit. La présence vocale ou physique d’un narrateur, comme par exemple le personnage de Rémi adulte, n’est pas exclue.

Je fais le choix de travailler l’espace théâtral dans son état brut. En l’absence de scénographie, ce sont les interprètes qui fabriqueront l’espace de la fiction, tandis qu’un système son immersif permettra de travailler des scènes hors-champ. 

À la manière de mes précédentes pièces, les interprètes seront en capacité d’endosser plusieurs rôles et identités. Pour créer une multitude de personnages avec un petit nombre d’acteurs, je souhaite travailler sur les techniques du masque et ainsi m’appuyer sur leur force esthétique.

Le masque nécessite en effet un jeu précis. Il permet à l’interprète de travailler dans le détail, et de donner corps et voix à des personnages fantastiques. C’est cette métamorphose, cette incarnation totale, presque issue du rite et de la possession qui m’intéresse ici. Le personnage masqué peut évoquer le divin, comme le sacrifice, il impressionne, amuse, inquiète et amène de l’étrange, de l’irréel dans la représentation. 

Cette idée du rituel sera également incarnée par le personnage de Vitalis, le bonimenteur chef de troupe. Dans le roman, cet homme au passé énigmatique est un nomade qui a une connaissance précise du voyage et des territoires. Lorsqu’il est en représentation, il maîtrise l’art de la parole et de la musique comme personne, il en impose lorsqu’il harangue la foule. Il est aussi une sorte de père, de guide spirituel pour Rémi. Il lui enseigne les bases élémentaires de l’éducation, il est une des réponses aux questionnements de l’enfant sur son rapport au monde et sur son fonctionnement.

Jonathan Capdevielle (Septembre 2018)

 

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LES BONIMENTEURS

CRÉATION LE 20 JUIN 2019 AU CN D - CENTRE NATIONAL DE LA DANSE

 

À partir du film Suspiria de Dario Argento
Créé en collaboration et interprété par Jonathan Capdevielle, Arthur B. Gillette, Jennifer Eliz Hutt
Dialogues, chantn bruitage Jonathan Capdevielle
Dialogues, chant, luth marocain, percussions, banjo, bruitage Arthur B. Gillette
Dialogues, chant, voix, violon, bruitage Jennifer Eliz Hutt
Lumières David Goualou
Son / Vidéo Yann Philippe
Production, diffusion, administration Fabrik Cassiopée - Manon Crochemore et Isabelle Morel
Remerciements Rowen Berrou, La Pérouse

Production déléguée Association Poppydog
Coproduction CN D - Centre National de la danse (FR), Théâtre St-Gervais - Genève (CH)
Avec le soutien du T2G - Théâtre de Gennevilliers, Centre dramatique national et de Nanterre-Amandiers, Centre dramatique national (FR)

Aux premiers temps du cinéma, lorsque l’image était encore muette, le bonimenteur était la personne chargée de narrer le film en direct - souvent accompagnée en musique, il avait un rôle de raconteur d’images qui laissait place le plus souvent à l’improvisation. Il adaptait notamment pour le public de sa région, des films produits dans un pays étranger. Son travail consistait à donner aux œuvres cinématographiques une couleur locale, à les nationaliser dans le but de séduire son public tout en imposant sa vision personnelle du film. Il était bien plus qu’un narrateur. 

Pour cette création, Jonathan Capdevielle retrouve le musicien Arthur B. Gillette (qui avait notamment créé les musiques de scène de A nous deux maintenant et Rémi) ainsi que la musicienne Jennifer Eliz Hutt (interprète également sur la pièce A nous deux maintenant).

Les trois performers coupent le son de l’un des films-cultes du cinéma italien, Suspiria de Dario Argento pour en réinventer, en live, les dialogues, les bruitages et la bande originale.

A base d'improvisations, de spirales instrumentales et vocales, le discours-doublage constitué de dialogues et de chansons, balaye une certaine histoire de la danse et incorpore en mashup au gré des performances des extraits d’oeuvres littéraires comme, en autres, « Confessions d’un mangeur d’opium » de Thomas de Quincey (dont le Suspria d'Argento en est l'adaptation). L’érotisme, la sauvagerie et la cruauté de ce conte filmé en Technicolor à l’esthétique d’un Disney trash, propose une mise en scène de l’institution et du pouvoir dont les femmes sont maîtres.

Le spectateur navigue entre l’image projetée et le plateau au rythme de la bande video du film, il observe sur la durée l’énergie physique et vocale déployée par les trois interprètes pour révéler par leur présence et leur jeu de scène un autre endroit de représentation. La rigidité des corps à l’écran contraste avec l’énergie explosive ou la retenue de ceux de qui sont leurs doubles incarnés au plateau. 

Capdevielle, Gillette et Hutt, en performers à vu, laissent libre court à leur imagination, convoquant tour à tour Madonna ou Joy Division en VF, réalisant les bruitages Do-it-Yourself, et entrant parfois dans une transe incontrôlée, co(s)mique, glaçante et plastique, emportés par le tourbillon de ce conte moderne tourné en 1977.

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ADISHATZ/ADIEU

CRÉATION 2010

 

Conception et interprétation Jonathan Capdevielle
Lumière Patrick Riou
régie générale et régie lumière David Goualou
régie son Johann Loiseau
collaboration artistique Gisèle Vienne
regard extérieur Mark Tompkins
assistance audio Peter Rehberg
assistant artistique pour les tournées Jonathan Drillet
diffusion, administration Fabrik Cassiopée – Manon Crochemore, Manon Joly et Isabelle Morel
Avec la participation d’ECUME, ensemble choral universitaire de Montpellier – direction musicale Sylvie Golgevit – avec (en alternance) Pierre-Yves Bruzzone, Renaud Lebrun, Paco Lefort, Jean-Luc Martineau, Olivier Strauss, Benoit Vuillon.
Remerciements à Aurélien Richard, Mathieu Grenier, Tibo Javoy et Ya Basta, pour l'enregistrement et mixage des chœurs sur "pitaladyfacegalaxymix", Jean-Louis Badet, et à Barbara Watson et Henry Pillsbury.
Avec l’aide de DACM et l’équipe technique du Quartz, Scène Nationale de Brest

 

Production déléguée Association Poppydog
La pièce Adishatz/Adieu a été portée en production déléguée par le Bureau Cassiopée jusqu'à janvier 2016 : Production  Anne-Cécile Sibué-Birkeland. Diffusion / administration Léonor Baudouin et Manon Crochemore
coproduction Centre Chorégraphique National de Montpellier Languedoc Roussillon dans le cadre de ]domaines[ (FR), Centre Chorégraphique National de Franche-Comté à Belfort dans le cadre de l’accueil-studio (FR) et BIT Teatergarasjen, Bergen (NO).
Avec le soutien du Centre National de la Danse pour la mise à disposition de studios.

 

Convoquant le registre de l’autofiction, sorte de documentaire sous forme de confession, Adishatz/Adieu met en évidence l’itinéraire d’un personnage entre vie réelle et vie fantasmée ou rêvée. La pièce est écrite à partir de chansons, de conversations, qui évoquent comme des carnets intimes, les racines ou la famille.

Les chansons sont un des modes d’expression de ce garçon, elles interviennent d’abord comme une structure musicale et rythmique puis au fil du temps révèlent ses obsessions, ses émotions et une certaine nostalgie qui gagne peu à peu le public. Chantées a capella, elles font naître d’emblée une certaine vulnérabilité du personnage, son authenticité. L’absence de musique fait entendre plus clairement les paroles, qui résonnent comme un langage à part entière. Certaines chansons sont traduites de l’anglais au français et font l’objet de traitements divers : détournements, répétitions ou décalages, accompagnement musical chanté ou registres qui s’entremêlent (de Madonna à Cabrel).

Adishatz/Adieu est construit à partir de la technique de l’imitation souvent utilisée pour divertir. Ici elle est détournée avec une force autrement plus trouble. Il est important de multiplier les contrastes, de composer avec différents modes d’expression de la voix, pour signifier des identités diverses, brouiller les pistes, en jouant avec l’humour et la gravité, entre autres, comme force de distanciation.

Il est intéressant de rendre visible le chemin parcouru dans cette tentative de s’approprier « un autre » ainsi que les outils mis en œuvre pour atteindre une certaine justesse ou même échouer. Et cela vaut aussi bien pour les personnes “connues” que pour celles de l’entourage proche, famille et amis. Il s’agit aussi physiquement d’emprunter les postures des clips vidéos et de s’approprier les codes de la pop tout cela dans un souci de véracité. Le corps en mouvement se dissocie parfois de la parole et laisse entendre les voix d’autres personnages issus du souvenir.

A un moment donné un choeur d’hommes apparait. En choisissant d’interpréter avec eux des chants traditionnels, le personnage met l’accent sur des stéréotypes populaires du Sud-Ouest, tout en évoquant les racines et la tradition. La culture pop, Tarbaise (de Tarbes), ainsi que celle de la boîte de nuit font partie de ses obsessions, de son histoire aussi. C’est ce curieux mélange, entre culture locale et culture internationale qu’il explore tout au long de la pièce. Le personnage est traversé par de multiples attitudes, qui évoquent notamment la fragilité, l’adolescence ou la virilité. Figure ambivalente, il vacille entre grâce et grossièreté. Le recours au travestissement permet d’accentuer l’idée d’une certaine solitude, tout en évoquant quelque chose de délicat et sensible. Le travestissement est commun à l’homme et la femme et peut-être utilisé pour les deux sexes. Une étrangeté, un trouble qui permettent tous les retournements ou détournements. La solitude est perceptible : elle est triste et mélancolique mais jamais tragique.

Avec cette pièce, j’ai travaillé sur la nostalgie des choses, pour convoquer cette mémoire fondatrice de l’identité : l’enfance ou l’adolescence, la nostalgie de ces tubes d’hier qui ont marqué mon vécu et qui résonnent encore aujourd’hui…

Jonathan Capdevielle